En bref : la plupart des petites entreprises britanniques sont évaluées par un multiple de leur bénéfice récurrent, par leurs actifs ou par une prévision de flux de trésorerie. La bonne méthode dépend du type d'activité. Une évaluation est une estimation, pas un prix : le montant final dépend des acheteurs, du risque et de la qualité de vos documents. Pour une vente ou une question fiscale, faites appel à un conseiller qualifié.
Vous pouvez avoir besoin d'une évaluation pour vendre votre entreprise, faire entrer un investisseur, racheter les parts d'un associé, préparer votre retraite ou régler une question fiscale ou juridique. Il n'existe pas de chiffre unique et exact. Chaque méthode donne un résultat différent, et la valeur réelle est celle qu'un acheteur consentant accepte de payer.
Partez de chiffres fiables
Toutes les méthodes reposent sur des informations financières fiables. Avant d'évaluer, rassemblez :
- au moins trois années de comptes, si vous les avez ;
- des comptes de gestion à jour ;
- le détail des actifs, des dettes et des stocks ;
- les principaux contrats avec les clients, fournisseurs et salariés ;
- les baux, prêts et garanties.
Si vos documents sont désordonnés, l'acheteur percevra plus de risque et proposera moins.
Méthode 1 : le multiple de résultat
C'est l'approche la plus courante pour les petites entreprises rentables.
- Calculez le bénéfice récurrent. Partez du résultat avant impôt et corrigez les éléments exceptionnels ou personnels. Par exemple, réintégrez des frais juridiques ponctuels et ramenez la rémunération du dirigeant au niveau du marché pour ce poste.
- Appliquez un multiple. Multipliez le bénéfice corrigé par un coefficient qui reflète le risque et les perspectives de croissance.
Il n'existe pas de multiple fixe. Il dépend du secteur, de la taille, de la croissance, de la dépendance de l'entreprise envers vous et du marché en général. Un conseiller spécialisé ou un intermédiaire en cession (business broker) peut vous indiquer les prix obtenus par des entreprises comparables.
Certains évaluateurs utilisent l'EBITDA (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements, proche de l'EBE en France) comme base. Vérifiez quel indicateur est utilisé avant de comparer des chiffres.
Méthode 2 : l'évaluation par les actifs
On additionne ce que possède l'entreprise et on retranche ce qu'elle doit.
- La valeur nette comptable reprend les chiffres du bilan.
- L'actif net réévalué valorise certains éléments, comme l'immobilier ou le matériel, à leur valeur de marché actuelle.
Cette méthode convient aux entreprises à forte intensité d'actifs, comme l'immobilier ou l'industrie, ou à celles peu rentables. Elle sous-évalue souvent les entreprises de services, dont la valeur tient aux clients et aux équipes plutôt qu'au matériel.
Méthode 3 : l'actualisation des flux de trésorerie (DCF)
Le DCF estime la trésorerie future que générera l'entreprise et la ramène à sa valeur actuelle grâce à un taux d'actualisation qui reflète le risque. Il est utile pour les entreprises en croissance, mais ne vaut que ce que valent les prévisions : les acheteurs testeront de près les hypothèses.
Autres approches
- Les multiples de chiffre d'affaires servent parfois pour les entreprises en forte croissance ou à abonnement, encore peu rentables.
- Les transactions comparables se fondent sur le prix de vente d'entreprises similaires.
- Le coût de reconstitution estime ce que coûterait la création d'une entreprise équivalente à partir de zéro.
Ce qui fait monter la valeur
- des bénéfices réguliers et en hausse ;
- une clientèle diversifiée plutôt qu'un ou deux gros clients ;
- des revenus récurrents ou contractuels ;
- une entreprise qui fonctionne bien sans son dirigeant ;
- une marque, un site web et une réputation solides ;
- de bons outils, des documents à jour et des processus écrits ;
- une propriété intellectuelle protégée, comme des marques déposées.
Ce qui fait baisser la valeur
- la dépendance aux relations personnelles du dirigeant ;
- des comptes peu clairs ou désordonnés ;
- des dépôts en retard ou des problèmes fiscaux ;
- des litiges, des réclamations ou une propriété des actions mal établie ;
- des collaborateurs clés susceptibles de partir.
Évaluer les actions d'une limited company
Si l'entreprise est une limited company, l'acheteur peut acquérir les actions ou seulement les actifs. Une cession d'actions transfère toute la société, y compris son historique et ses dettes : l'acheteur mène donc en général un audit d'acquisition (due diligence) approfondi. Une participation minoritaire est souvent évaluée avec une décote, car elle donne moins de contrôle.
Points fiscaux et juridiques
La vente d'une entreprise ou d'actions peut entraîner de la Capital Gains Tax, et certains allègements peuvent s'appliquer selon votre situation. Le HMRC peut aussi exiger une évaluation formelle dans certains cas, comme la donation d'actions ou les plans d'actionnariat salarié. Si vous résidez en France, la plus-value peut aussi être imposable en France selon votre situation. Ces règles sont complexes : parlez-en à un expert-comptable ou à un conseiller fiscal avant de conclure.
Préparer une vente
- Mettez à jour vos comptes et vos dépôts auprès de Companies House.
- Mettez de l'ordre dans vos contrats, baux et registres d'actions.
- Réduisez la dépendance envers vous en déléguant et en documentant les processus.
- Faites réaliser une évaluation indépendante.
- Choisissez un avocat (solicitor) expérimenté en cession d'entreprises.
Comment Form My Company peut vous aider
Nous ne pouvons pas évaluer votre entreprise, mais nous pouvons préparer ses documents avant que vous approchiez des acheteurs. Notre service de conformité et due diligence passe en revue les registres de votre société, notre service de comptes annuels maintient vos dépôts à jour, et notre service d'émission ou cession d'actions gère les formalités lorsque les actions changent de mains.
Questions fréquentes
Quelle est la méthode la plus courante pour évaluer une petite entreprise ?
Appliquer un multiple au bénéfice récurrent corrigé. Ce multiple dépend du secteur, de la taille, de la croissance et du risque.
Quel multiple appliquer à mon entreprise ?
Il n'existe pas de chiffre fixe. Un intermédiaire en cession ou un évaluateur peut vous indiquer les prix obtenus par des entreprises similaires.
Mon entreprise a-t-elle de la valeur si elle dépend de moi ?
Oui, mais en général moins. Les acheteurs paient davantage pour une entreprise qui fonctionne bien sans son dirigeant.
Vais-je payer des impôts en vendant mon entreprise ?
La Capital Gains Tax s'applique souvent, et certains allègements peuvent exister. Si vous vivez en France, l'imposition française peut aussi entrer en jeu : consultez un expert-comptable avant de vendre.